Feneu (49)

Les Bigottières

A partir d'un plan cadastral de la mairie datant de 1820, on s'aperçoit que le petit hameau des Bigottières, dont l'origine est vraisemblablement plus ancienne, était très étendu. Quelques belles maisons anciennes témoignent de son importance. Les fermes vivaient en autarcie et la vie économique y était prospère. .

Situé sur la route de Grez-Neuville, dans les environs du château de Sautré, le hameau des Bigottières a connu une animation particulière. Au bas des Bigottières, un moulin couronnait une butte au domaine de La Perrière. Il en reste un tiers. Une forge était installée aux Cormettries, près d'un puits qui ne tarissait jamais et fut transportée dans ce hameau.

Comme il n'y avait pas d'épicerie, des marchands ambulants ravitaillaient les habitants. Deux cafés mettaient de l'animation dans le quartier, l'un d'eux était installé où se trouve actuellement « la Minée ».

Les petites fermes d'une dizaine d'hectares exploitaient l'élevage et la culture. Avec la proximité de La Mayenne, les habitants pouvaient y « fouler » le drap et les étoffes de laine. Des vignes y étaient plantées : certaines bien orientées, donnaient un bon vin. D'autres, moins favorablement situées, produisaient de la « piquette » ou du vin de noah (le fameux vin qui rendait fou !).

Non loin de ce hameau, se trouve un lieu-dit : « Les Sigonières » dont les fêtes étaient réputées à l'époque, notamment les courses de Feneu. Un ancien fief, remontant aux XVème et XVIème siècles, était situé aux Bigottières, à l'emplacement du château de Coincé, avec une chapelle qui est restée introuvable ! La partie centrale fut un ancien pavillon de chasse composé de trois pièces. Les deux ailes furent ajoutées après le Révolution.

Les Bigottières ont connu l'arrestation d'Edouard Wandalowski, résistant, qui fut déporté à Buchenwald. De retour à Feneu, il se dévoua beaucoup pour la commune, en qualité de conseiller municipal, il avait plusieurs cordes à son arc. Il était ingénieur-inventeur et il a construit avec René Duveau, l'une des premières sirènes pour réclamer les pompiers. Il a inventé, entre autres, l'arrosage automatique avec cerveau électronique « système brouillard »…

Après avoir connu près de 80 habitants, les Bigottières se sont dépeuplées au fil des siècles. En 1954, il ne restait que 3 foyers. Dans les années 1970, le hameau a retrouvé vie, avec la construction de maisons neuves à usage d'habitation principale. Mais, on vient aussi aux Bigottières en estivant ou en villégiature. Depuis les années 1920, des Parisiens en font leur lieu résidentiel estival.

Actuellement, 14 familles composées d'actifs et de retraités vivent aux Bigottières. Ce petit hameau fut aussi le théâtre de jalousies et de crimes passionnels au début du XXe siècle.

Sources : Une Fanouine : Sylvie Michel- Valette et quelques extraits du livre « Il était une fois Feneu » de France de Saint Maur


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