Le vieux moulin fortifié avait une tour de guet qui protégeait le château et servait de tour de garde pour surveiller le trafic de la rivière. L'ennemi arrivant souvent par l'eau. Cette tour faisait aussi office de tour de péages, ou « octrois » perçus lors du passage des bateaux. Ces péages servaient à l'entretien de la garnison installée au château de Sautré.
Il y avait déjà à l'époque, un barrage fait de pieux et de troncs d'arbres enchevêtrés de grosses pierres, relativement peu étanche. Une porte marinière, ancêtre de nos écluses, permettait de franchir le barrage. Trois heures étaient nécessaires pour le passer !
Le nouveau moulin fonctionnait en 1881 et tournait environ dix mois de l'année à cause des crues. Le moulin abandonné quelques années au début du siècle, fut repris par Eugène Loyant père, qui écrasait environ 20 quintaux de blé par 24 h.
En 1938, son fils le modernisa et la production passa à 60 quintaux. Il tourna pendant la seconde guerre et fut pour les habitants du secteur une aide précieuse de ravitaillement.
Le moulin cessa d'écraser du blé en 1972, tout en continuant la mouture de l'orge et de l'avoine ; cette dernière activité s'arrêta définitivement en 1980. Sa machine est toujours en état. Il s'agit d'une propriété privée, il ne se visite donc pas.
Source : le livre « Il était une fois Feneu » de France de Saint Maur.